550 mètres dans le Ressel

Publié le par Satyre

Ressel PlanEnsembleSuite à mon précédent WE avec Pascal Bernabé, j’avais prévu de retourner dans le Lot pour le dernier WE d’Août. Le RDV avait donc été fixé à 10h00 le samedi 27/08/2011. Au fur et à mesure que la date approchait, mon impatience grandissait. Je me demandais à quelle sauce j’allais être mangé. J’avais beaucoup aimé nos deux plongées de la semaine précédente, le Puits N°4 du Ressel et aussi Saint Georges. Au fond de moi, j’avais très envie de retourner à Saint Georges mais aussi de découvrir de nouveaux trous.

 

Je fais l’erreur de sortir boire quelques verres avec ma colocataire Vendredi soir et le lendemain matin, je prends conscience que je n'ai plus les mêmes capacités de récupération qu'il y a dix ans. En effet, couché à 2h du mat, je n’arrive pas à m’arracher du lit Samedi quand le réveil sonne à 7h. J’arrête les sonneries et je me rendors comme un bienheureux. Morphée pleine de compassion me berce dans ses bras jusqu’à ce que distraite par je ne sais quoi, me laisse tomber et c’est le réveil en sursaut. Panique à bord, il est 10h ! Je devrais être chez André ou tout au moins en approche finale. J’appelle Pascal, catastrophé, pour m’excuser et là, quel soulagement. Pascal est sur la route, il vient lui aussi de partir et il ne sera pas sur place avant midi. Petit calcul rapide, si je prends l’autoroute, j’ai deux heures et demi de route donc j’arriverai une demi-heure plus tard. Ouf, je suis sauvé !

Je prépare mon matos et mon sac comme je peux. Je charge la voiture : sac de plongée, éclairage, détendeurs, blocs, mais aussi sac de couchage, tente, matelas gonflable. Je quitte Clermont-Ferrand sur les coups de 11h, et je file en direction du Sud-Ouest. Chemin faisant, je ne peux m’empêcher de constater que la météo est moins clémente que les dernières fois. Finis la chaleur, les rayons de soleil et le ciel bleu, ils ont été remplacés par un ciel chargé dans lequel les cumulonimbus règnent en maîtres absolus. J’ai faim mais je n’ose point m’arrêter pour casser la croute. Le GPS m’indique que j’arriverai vers 13h45, il ne faut pas abuser de la patience de Pascal et de mes compagnons du WE que je ne connais pas encore.

A mon arrivée à Gramat, Pascal est déjà arrivé et devise avec André et deux autres personnes. Je gare ma voiture exactement au même emplacement que la dernière fois... Non pas que je sois joueur mais j’ai remarqué qu’André a élagué toutes ses haies et arbustes donc il y a peu de risques qu’un caillou aille flirter de nouveau avec ma lunette arrière.

Les présentations sont faites, le groupe sera composé de Muriel et de Laurent viennent de Suisse, du dijonnais Nicolas ainsi que de Thierry qui sera mon binôme ce WE. Il y a une superbe ambiance dans le groupe. Les autres se connaissent me semble-t-il déjà. Pascal plongera avec Muriel (formation Cave), Nicolas (Refresh Cave) et Laurent (formation Instructeur Cavern).

Lot 20110827 0440Pendant que tout ce petit monde, gonfle et assemble son matos, moi, je monte ma tente à côté du camping-car occupé par Alban qui est de retour. Nous sommes tous scotchés par l’état du matériel de Pascal qui est allé crapahuter dans une grotte vierge en Russie et qui n’a pas rincé son matériel ensuite. Sa combinaison est toute boueuse. On décide de casser la croute avant de partir plonger. L’ambiance est vraiment sympathique.

Muriel commence à s’impatienter un peu. Elle n’aime pas plonger trop tard donc les voitures sont vite chargées et nous nous préparons pour le Ressel. Pascal dirige le briefing, il explique à Nicolas et Muriel ce qu’ils auront à faire et valide avec Thierry et moi notre planification. La ballade jusqu’au trou est comme d’habitude très agréable, agrémentée par la traversée de de petits villages avec de superbes maisons en pierre. Nous sommes seuls sur le site. Nous nous équipons. Pascal regarde mes palmes et me demande une fois de plus si je compte plonger avec. Je sais, je sais, il va falloir changer ça mais chaque chose en son temps. Et le peu de cash que je pourrais dégager pour du matos, les palmes bien que très importantes, ne sont pas sur ma top-list.


 

Ressel Markus Coupe01 Ressel Markus Coupe02 

Pour Thierry et moi, l’objectif c’est d’aller nous promener un peu dans la zone profonde et de découvrir un peu la galerie qui se prolonge après le puits #4. Thierry a un Tx 21/20 dans son 2x12L, une S80 et une S40 de Nx32. Pour ma part, je plonge avec de l’air dans mon 2x12L et une S80 de Nx40. Je décide de ne pas prendre la 7L d’O2. Je ne suis pas très à l’aise avec mes gaz car on va approcher les 50m de profondeur. J’ai moins de cinq plongées au-delà des 45m à l’air. Je n’ai jamais eu de problèmes liés à la narcose même si je suis conscient que je dois être shooté comme tout le monde. A cela s’ajoute le fait qu’il m’ait été rapporté que l’environnement souterrain accentuerait la narcose. Je pense à David alias Tautaz, bref, je me dis : « Tu y vas doucement, à ton rythme et surtout au moindre couac, tu arrêtes la plongée ». J’ai mes gaz programmés sur l’OSTC ainsi que ceux de mon compagnon. On fait notre predive check, tout est OK. Laurent nous demande notre estimation de temps de plongée pour savoir à partir de quand il devra s’inquiéter. Comme c’est mignon. 

Je ne suis même pas encore parti que je ne vois rien. Mon nouveau masque est encore plein de buée. Pourtant après le dernier WE, je lui ai fait subir un traitement avec du dentifrice. Impossible de plonger avec autant de buée, je décide de prendre mon masque de secours qui n’est que mon ancien masque principal. C’est beaucoup mieux. Je fais le signe OK, Thierry part en suivant le fil et je le suis avec quelques secondes de retard. Je m'enfonce donc dans la noirceur, sans suivre le fil que j’ai perdu des yeux dès mon immersion. J’hésite à remonter et me dirige vers l’endroit où je pense trouver l’entrée. Je la devine grâce à l’eau qui s’éclaircit un peu et je retrouve Thierry. La chance est de notre côté, en dépit des orages des derniers jours, le Célé ne rentre pas dans le Ressel. Dès l'entrée, la visibilité est bonne et rien ne vient troubler le halo de nos phares. Mon Salvo 10W HID fait vraiment petit joueur devant le Halcyon 21W HID de Thierry. Conformément à notre planification, Thierry est sur la S40 de Nx32 qu’il me passera à 150 bars. J’étends les bras et je me sens toujours engoncé et raide. J’injecte de l’air dans ma combi mais rien n’y fait. Pas la peine d’essayer dans pareille situation, je sais que je n’arriverai pas à faire un V-Drill. Thierry essaie de communiquer avec moi mais je ne comprends pas forcément ce qu’il veut. Je crois deviner qu’il souhaite que je passe devant, ce que je fais, on verra bien ensuite au débrief. C’est l’inconvénient des premières plongées avec un binôme, la communication est moins instinctive. Je passe devant mais je suis vite rattrapé et dépassé par le Monsieur. J’en profite pour apprécier son trim et son frog-kick. Moi aussi un jour, j’y arriverai…

Un peu avant le shunt, j’hérite de la S40 de Nx32, je fais le switch sur mon ordi et je continue ma progression suivant Thierry qui est très rapide. Néanmoins nous communiquons régulièrement avec nos phares. Il pose un cookie au niveau du shunt puis nous nous engageons à gauche dans la galerie principale qui a l’avantage d’être moins profonde. Pour nous, ça signifie une consommation moins importante et surtout moins de saturation. Les conditions sont idéales, pas de lumière parasite, l’eau est translucide. J'admire le paysage minéral et les effets de l’érosion sur la roche. C’est un vrai un régal. Au niveau du coude, je dépose la S40 et je repasse à l’air. Le changement de gaz sur l’OSTC se fait sans soucis. L’écran OLED est doté d’une lisibilité magique. On poursuit vers les différents puits. Thierry va vraiment très vite et je le suis de très très loin. Puis arrive le puits #4, Thierry veut que je passe devant mais je me garde bien de le faire. Avec son 21W HID, il dispose d’une puissance de feu plus importante, je reste donc à l’arrière donc et je me régale du spectacle. Au bas du puits, je remets un coup de pression dans ma S80. Tout va bien. On s’engage alors dans la zone profonde, un coup d’œil à l’ordinateur, il indique 45m et je vois aussi l’étiquette qui indique que nous sommes à 450m de la sortie. Thierry carbure toujours, je suis de loin. J’ai aussi le vélo qui se met en marche. Mon cerveau s’emballe. Ca y est je me dis, sois super concentré. Tu es à l’air, fais gaffe à tous les signes avant-coureurs de la narcose. D’un autre côté j’essaie d’admirer la galerie et je me régale. Je vois la profondeur augmenter gentiment et à 49m, je me demande si je vais pouvoir afficher un chiffre rond sur l’ordinateur. Je reste donc au niveau de la ligne le plus bas possible, sans être en dessous bien sûr mais je ne dépasserai pas les 49,50m. Thierry se rapproche de moi, me demande si tout va bien et m’invite à être plus en hauteur. Pour ne pas l’inquiéter, je décolle du sol. De toutes les manières nous sommes arrivés à notre distance maximale. Nous avons progressé de 550 mètres. On rebrousse chemin. J’ai l’impression que mon binôme est tracté par un scooter, il va hyper vite et ne souhaitant pas me mettre dans le rouge, je prends mon temps. Du coup, j’ai l’impression de faire de la plongée solo car régulièrement je le perds complètement de vue, je n’ai même plus la lueur de son phare en ligne de mire. Ceci dit, ça ne dure jamais très longtemps car il s’arrête régulièrement pour vérifier que je suis toujours là. Un signe OK, une confirmation de ma part et le voilà qui repart. Ça ne me dérange pas et je reste zen. De retour dans le puits #4, Thierry s’enquiert de ma consommation d’air. Je lui réponds dans le style récréatif. Il insiste et en regardant sa main, je comprends ce qu’il veut. Je dois répondre avec une main. Je le fais, il est rassuré et il repart tout de go. Je remonte lentement et arrivé au niveau du puits #3, je le vois partir vers la droite, abandonnant le fil qui lui file vers la gauche.

Je m’arrête. Sommes-nous à la jonction entre la galerie des 9 (haute/principale) et celle des 20 (basses) ? Je ne le crois pas. Je ne vois aucun fil qui part vers la droite. Mon instinct me dit de suivre le fil, ma raison m’invite à faire pareil mais je décide de suivre mon binôme. Je ne suis pas spécialement fier de ce choix mais il n’est pas non plus le résultat d’une confiance aveugle en une personne, ni même un excès de confiance lié à la plongée en équipe. Mon analyse est la suivante : Nous progressons collés à la paroi droite. Le fil longe cette paroi droite avant de plonger sur la gauche. J’ai bien repéré l’endroit. Je me retourne pour voir à quoi il ressemblera si je fais demi-tour. Je m’autorise 10bars avec mon binôme. Puis je ferai demi-tour ni nous ne recroisons pas le fil de nouveau. Je suis la lumière de Thierry en prenant le maximum de repères visuels. Et au bout de quelques dizaines de mètres de progression, je retrouve avec soulagement le fil. Nous en discuterons plus tard et Thierry me confiera bien connaitre le Ressel et cette partie, c’est pour ça qu’il s’était écarté du fil. Tout bien réfléchi, si d’aventure, je venais à me retrouver dans une situation identique, je suivrai mon instinct et ma raison, et je ne quitterai pas le fil.

Nous voilà au bas du puits #2, je passe sur le Nx40 tandis que Thierry lui passe sur son Nx32. Nous allons donc finir notre plongée avec nos S80. Lorsqu’on s’engage dans la galerie des 9m, une idée saugrenue me vient à l’esprit. Je décide de quitter mon masque pour basculer sur le masque de secours (le nouveau). Je suis têtu, j’ai acheté ce masque frameless et je veux m’en servir. A peine est-il sur mon visage que le voilà couvert de buée. Le reste de la plongée ne sera plus qu’entrées d’eau volontaires, rinçage et vidage de masque. Rien n’y fera. Thierry m’attend vers devant la S40. On progresse vers la sortie. Je commence à fatiguer, je sens que comme le WE dernier, je transpire. Le prochain qui osera encore me dire que la plongée ce n’est pas du sport, je l’inviterai au Ressel et lui imposerai de suivre le rythme de Pascal ou de Thierry.

Nous retrouvons Pascal à 30 mètres de l’entrée. Il fait faire des V-Drills à ses élèves. J’essaie d’étendre les bras et je n’y arrive pas donc inutile de me ridiculiser à essayer de mon côté même si je n’ai pas la pression du regard de l’instructeur. Pendant que je suis entrain de gamberger, Pascal vient vers moi et me demande si tout va bien. Je réponds positivement. Je ne peux m’empêcher de sourire car il n’y a pas à dire c’est une vraie mère poule.

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Thierry s’enquiert de ma déco. Il ne me reste plus que 5 minutes à 3 mètres à faire. De mon côté, j’arrive à lire l’écran de son DR5 bien qu’il soit à un mètre au moins de moi. La qualité de l’écran OLED de l’OSTC et du DR5 est vraiment impressionnante de ce point de vue. Nous n'avons pas les mêmes paramètres de déco car nous n’utilisons pas les mêmes gaz d’une part mais aussi nous n’avons pas les mêmes algorithmes. Thierry utilise les Gradient Factors (GF) tandis que moi je suis resté en Bühlmann ZH L-16 dont j’ai durci les paramètres. J’ai majoré la vitesse de saturation de 125% et pour la désaturation j’ai appliqué un facteur 90%. Mon Suunto Vyper qui est resté programmé en mode Air m’indique 34 minutes de décompression restantes quand le DR5 et l’OSTC nous donnent le feu vert pour finir notre plongée. Il sortira en Err et sera HS pour le reste du WE. J’aime beaucoup la Custom Function #58 (CF58) de l’OSTC. La CF58 donne une indication de la durée totale de remontée si on reste xx minutes de plus à la profondeur à laquelle on est.

Ressel 20110827En faisant surface, je ne suis pas le fil, et on sort au milieu du lit de la rivière. On rejoint la berge, heureux. On échange sur notre plongée en rejoignant la berge à la nage. On y va Polé-Polé comme diraient les Tanzaniens. Pas besoin de stresser et encore moins de se dépêcher, nous n’aurons rien n’à y gagner sinon un ADD. Avec 110 bars restants dans le 2x12L et 80 bars dans la S80, la règle des tiers, que nous avons appliquée, est respectée. Alors qu’il déclampe ses blocs relais, Thierry se rend compte qu’il a perdu son masque. Il le portait en arrière sur la tête, à la DIR et celui-ci s’est fait la belle. Je plonge dans le Célé, essayant de le retrouver mais en vain. Après quelques ratissages, j’abandonne. Je suis dégouté pour lui. Je me demande aussi comment il s’y est pris. Je porte très souvent mon masque ainsi et je ne l’ai jamais perdu.

 

On retrouve Pascal et ses élèves devant les voitures. Pour je ne sais quelle raison, je lève les bras et je me rends compte que je suis encore retenu dans mes mouvements. Je crois tenir la solution : les bretelles de la combinaison étanche sont sans doute trop tendues. Nous nous changeons et nous filons vers Gramat. Par ci par là, on peut apercevoir dans les champs et les prairies des lièvres et ils n’ont pas l’air stressés. Nous déposons nos blocs à gonfler. Thierry vide ses blocs relais. La grande question est où irons-nous demain ? Mais pour l’heure, il est temps d’entamer l’apéro. Muriel et Laurent ont ramené de la charcuterie et du fromage suisse qu’ils nous font goûter arrosés d’un vin blanc suisse lui aussi pas mauvais du tout. L’ambiance est chaleureuse, bonne enfant et les plaisanteries fusent de partout autour de la table.

 

p1010832ig6Laurent officie en grand maître de cérémonie et fait démarrer le barbecue sur lequel il dépose des cuisses de canard puis du magret. C’est un vrai Chef car c’est succulent. Nous sommes ensuite rejoints par les Belges d’Abyss Plongée. Bien sûr, ils ne viennent pas les mains vides et c’est avec des spécialités liquides à base de houblon que nous poursuivons la soirée. C’est une soirée Francophonie. Les récits de plongées, les anecdotes et aussi les vanneries se poursuivent jusque tard le soir. Je note que Laurent et Thierry sont de vrais accros aux profondes, donc qui sait de futurs copains de jeu, s’ils acceptent le novice que je suis. Le vin, la bière et l’abricotine, une petite liqueur de nos cousins Helvètes, nous aident à combattre le froid. J’appréhende d’ailleurs un peu ma nuit sous la tente que je finis quand même par rejoindre. J’ai la paresse de gonfler le matelas. Je l’étale le plus à plat possible et je mets par-dessus le tapis de piquenique acheté pour me changer et un plaid. Avec l’herbe en dessous ça à l’air suffisamment confortable pour une nuit. Je me mets ma Weezle Extreme+ et les chaussons qui vont bien. Mmmmm, je me sens bien. Je n’ai donc aucune difficulté à m’endormir dans mon duvet après avoir un peu joué avec le Liquivision Xeo qui m’a été prêté par Mumu.

 

Je suis réveillé vers 7h par les Belges qui partent Dieu sait où, mais cela n’altère point mon sommeil et je me rendors jusqu’à 10h. Je suis cette fois-ci réveillé par le soleil et la chaleur. Les premiers sons qui me parviennent sont des cris d’oiseaux, ce qui a la vertu de me mettre particulièrement de bonne humeur. Finalement, Pascal a décidé que nous irons de nouveau au Ressel plonger. Je suis un peu déçu car j’avais très envie de retourner à Saint Georges. Mais le Ressel vaut bien plusieurs plongées et je pense que je pourrais le plonger tous les jours pendant un mois que je ne me lasserais pas.

 

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En attendant c’est gonflage, papotage, téléphone pour Pascal, je récupère les standards et les cours CMAS et TDI, re-papotage et téléphone pour Pascal, puis encore téléphone pour Pascal et téléphone pour Pascal. Ca n’en finit pas. Mumu a obtenu la veille au soir que nous soyons dans l’eau à 14h donc nous ne tardons pas et miracle nous arrivons au Ressel à 13h40. Cette fois ci nous ne sommes pas les seuls. Il y a déjà quatre véhicules sur place. Je ne veux pas sembler xénophobe (manquerait plus que les Sénégalais s’inscrivent au Front National) mais quand on constate que deux des véhicules sont garés en longueur (et pas en épi) et que ces deux véhicules sont immatriculés en Europe de l’Est, on a bien envie de dire si vous ne savez pas respecter les autres restez chez vous !!!  

 

Pascal fera la remarque à un des bonhommes. En descendant Thierry et moi croisons un autre des énergumènes. D’un regard, nous décidons que Pascal fera la leçon à celui-là aussi. Il a une mine patibulaire et ressemble à un biker des Hell Angels américains, blanc, crâne rasé et barbe. Ici aussi, au mépris des autres, ces messieurs se sont étalés. Il y a trois recycleurs posés là où nous aurions mis nos bis et notre arrivée ne provoque aucun geste pour dégager la place. Pendant qu’on s’équipe, trois autres plongeurs appartenant à la même équipe reviennent. Ils sont équipés de scooters et de recycleurs aussi. Parmi eux, chose rare, il y a une jeune fille. Pascal, Thierry, Nicolas, Mumu, et Laurent me rejoignent et nous nous mettons à l’eau. J’avoue profiter honteusement du predive check pour détailler les formes de la Miss qui a retiré son étanche et s’affaire sur la berge en T-shirt et petite culotte en coton orange. Son visage est engageant et elle est même plutôt jolie mais ne nourrira pas mes fantasmes. Avec Thierry, on remonte la rivière, et au moment de mettre mon masque sur mon visage, patatra, il a disparu… Comme Thierry la veille, il est tombé. J’ai bien senti quelque chose dans mes palmes juste avant les branches qui rasent l’eau mais j’étais loin de me douter que c’était mon masque. En plus c’est le nouveau. Celui avec lequel je m’obstine à vouloir plonger en vain. Pourtant cette fois-ci, j’ai dégainé une arme ultime. Plusieurs millilitres de salive qui ont macérés dans ma bouche au moins cinq minutes et qui j’espère feront effet. Je prends mon masque de secours et avec l’aide de Thierry, j’essaye de le retrouver. C’est Thierry qui le trouvera. Me voilà soulagé et c’est après cette frayeur que nous nous immergeons. Cette fois-ci je suis la ligne et je retrouve mon binôme dans le Ressel. Nous plongeons juste avec nos bis. J’essaie de me mettre en extension et je suis toujours raide. Je prends la tête, nous passons à 150m à 11 minutes. C’est lent. J’ai une gêne quand je palme en frog-kick et du coup, j’ai du mal à trouver mes appuis, ma glisse et ma stabilisation. Nous allons jusqu’au shunt. J’ai l’OSTC en principal et le Xeo en backup. XeoJe les compare beaucoup et je n’ai pas forcément les mêmes temps de plongée (quelques secondes d’écart) ni de profondeur. C’est le hic des ordinateurs hyper paramétrables, chacun en fait ce qu’il veut et on peut avoir des variations plus ou moins importantes d’un plongeur à l’autre. Le Xeo est bien plus petit que l’OSTC. Les deux sont très lisibles n’empêche même si je préfère l’OSTC plus sobre en quantité d’informations et surtout de couleurs. En mode surface, le Xeo me faisait revenir à un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaitre, où les écrans de PC étaient en mode monochrome Orange/Noir. C’était la belle époque des écrans CGA qui avaient une résolution de 620x200. Une fois sous l’eau, le Xeo devient un vrai arc en ciel avec des couleurs différentes pour quasiment chaque information affichée. Il se gère avec un mode dit « taptap » parce que la navigation se fait en tapotant le boitier avec la main. En surface, j’ai trouvé ça chiant mais force est de constater que ça marchait bien sous l’eau. Une des fonctions qui m’a vraiment séduit est l’affichage de la courbe de température en fin de plongée depuis le logbook. C’est anecdotique mais moi j’aime. En conclusion, deux bons ordinateurs, j’ai une préférence pour l’OSTC mais c’est normal car j’ai déjà une dizaine de plongées avec un OSTC et c’était la première avec le Xeo. Donc à l’occasion, je veux bien avoir plus de temps pour jouer avec le machin. Au shunt, nous prenons cette fois-ci à droite dans la galerie des 20. On arrive au jump vers la cloche et on entame la remontée. Comme la dernière fois, il y a bien des poissons à cet endroit. Comme la dernière fois aussi avec Doumes, j’ai du mal à remonter bien à plat, donc une fois de plus je me dis que dans des circonstances comme celles-ci, le casque peut être utile, pour palier un manque de maitrise technique le temps de l’acquérir. La cloche est vraiment sympa. On garde nos détendeurs en bouche par mesure de sécurité, n’ayant pas de moyens de nous assurer que le gaz qu’elle contient soit parfaitement respirable.

Nous nous ré-immergeons et nous poursuivons dans la galerie des 20. On repère le jump vers la galerie des 9. Pascal nous a dit qu’il y a une étroiture assez difficile à franchir en dorsal. N’ayant ni l’un ni l’autre envie d’abimer notre matériel, nous poursuivons jusqu’à la jonction au niveau du puits #2. On s’engage dans la galerie des 9 et nous progressons vers la sortie. Contrairement à hier, je suis le plus souvent devant parce que Thierry me demande de passer devant. C’est une bonne chose vu qu’il s’adapte à mon rythme mais c’est rageant car j’essaie d’aller plus vite pour que ça ne soit pas fastidieux pour lui. Et là avec ma gêne qui se transforme en petite douleur, c’est bof ! Heureusement, mon masque lui cette fois-ci me donne entière satisfaction car je n’ai plus de buée. Nous revenons au shunt, je récupère mon cookie et on se dirige vers l’entrée. On fait un stop de sécurité de principe de cinq minutes à trois mètres. A la surface, Thierry me raconte qu’il est allé emmerder Laurent. J’hallucine car je ne m’étais même pas aperçu que Pascal et ses élèves étaient avec nous. En remontant sur la berge, nous trouvons le masque perdu par Thierry la veille posé au sol. Malheureusement, le verre est complètement explosé.

Ressel 20110828Nicolas, Laurent et Thierry se cherchent des poux dans la tête. Muriel, elle, n’est pas du tout contente de sa plongée. Elle est passée un peu à travers pour certains exercices.

Tout le matériel est rangé, nous nous dirigeons vers Gramat quand après 15 minutes de route, Muriel se rend compte qu’elle a oublié ses chaussures, qu’elle avait laissées sous la voiture. Laurent fait demi-tour. A notre arrivée, les chaussures sont toujours là et miracle, Laurent ne les a pas écrasées en manœuvrant. Ce grand farceur s’empresse de descendre et prends une photo des chaussures abandonnées, photo qu’il s’empresse d’ailleurs de poster sur Facebook.

 

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 Chaussures reprérées
Laurent prend la pose
Aussitôt prise, aussitôt partagée sur Facebook

 

 

Trêves d’enfantillage, il est temps de rentrer. Nicolas, Thierry (qui est avec Pascal) et moi avons de la route à faire pour rejoindre nos pénates. Une fois arrivés chez André, je plie la tente et range mon matériel après avoir fait gonfler mes blocs. Nous échangeons nos coordonnées respectives et nos « au revoir » sonnent comme des « à bientôt ». Thierry et Nicolas seront de l’expédition à Ordinskaya d’ailleurs. Je reprends la route heureux de mon Week-End et content de m’être fait de nouveaux camarades de jeu. Je dirais même plus, qui sait, de futurs compagnons.

 

Comme d'habitude, j'apprécie la beauté du paysage en rentrant.

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Bilan du Week-End :

  1. Bien que j’ai conservé le souvenir du relief jusqu’au bas du puits #4, ma mémoire est floue pour la section de 450 à 550 mètres. C’est indéniablement un effet de la narcose même si je le répète, je ne la ressentais pas. Dorénavant, j’éviterai de plonger avec des END supérieur à  45 mètres.
  2. Il va falloir essayer au sec à la maison de trouver le bon réglage des bretelles de mon étanche. Tant que je n’arriverai pas à faire des V-Drills, j’emporterai une S80 en bail out en plus de ma planification gaz et déco.
  3. En toute circonstance, le fil tu suivras, du début de la plongée, en plongée et en fin de plongée.
  4. Et enfin, je vais me remettre au sport de manière plus intense pour muscler mes mollets, renforcer mon palpitant, et déboucher mes artères de toute accumulation de cholestérol.


Publié dans Cave

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bardass 02/09/2011 11:38



il manque encore l'échelle de graduation


et courbe un peu trop plate pour être lisible ;)


ça vient progressivement



bardass 02/09/2011 10:05



superbe récit, merci, ça donne envie


quelques corrections, la résolution de l'écran CGA était du 320x200


l'ostc permet d'afficher la courbe de T° dans les logs depuis la beta 1.97, livré en version 2.0 stable


@+ pour de nouvelles aventures



Satyre 02/09/2011 11:22



Version 2.0 du firmware de l'OSTC téléchargée et installée.
Ca a l'air supe sympa. J'aime la courbe de température



ludo 01/09/2011 20:45



1. par pitié, met des vraies sangles à tes palmes


2. achete une bompas


3. utilise de l'helium


 


ludo



Jean Luc 01/09/2011 14:59



Je m'explique :


Le parking actuel va devenir une zone de dépose (30 minutes) et un parking permanent de 25 places va etre aménagé 300 m avant la source


Le Conseil général est en train d'essayer d'acquérir les terrains


Tout cela devrait etre opérationnel courant 2012, les études sont en cours


En attendant il faut faire attention car la maréchaussée a reçu des instructions...



Satyre 01/09/2011 15:08



Merci pour cette info



Jean Luc Soulayres 01/09/2011 14:24



Récit très sympa....


Je profite de l'occasion pour corriger une chose : le stationnement au Ressel doit se faire en long et nos pas en épi !!!!! Si, si je vous assure et des marquages au sol vont bientôt matérialiser
les places de parking. Le justification : aucun véhicule ne doit empièter sur la chaussée. Donc les Ruskofs ont pas faux.....



Satyre 01/09/2011 14:28



Wow...
Si ca se fait ça sera bien dommage parce qu'avec un 4x4, on arrive à se garer sans empiéter sur la chaussée. Avec ma Modus, ça passe super à l'aise.
Les places vont bientôt devenir chères