Des épaves & beaucoup d'émotions à Lorient

Publié le par Satyre

 

En début d’année lors du Salon de la Plongée, j’avais envisagé d’organiser un séjour en Bretagne Sud pour des N3 et + de préférence Nitrox Confirmé pour aller faire des épaves profondes et peu plongées dans la Rade de Lorient et ses alentours. J’en avais parlé avec Matthieu, le responsable du centre de Kerguelen et il avait été très réceptif. Puis fut posté sur Passion Plongée, le récit dune plongée sur le fameux sous marin allemand : U171.

Face à l'engouement suscité, je me propose pour organiser un WE avec comme point d'orgue la plongée du U171 pour les plongeurs de Passion-Plongée. L'organisation est donc discutée sur le post : WE en Bretonnie Sud.

Ce WE est moins restrictif que mon idée initiale vu qu'il est ouvert à tous les niveaux. Au fur et à mesure qu'approche la date butoir de réservation, je me rends compte que j'aurais du mal à atteindre le quorum avec les plongeurs de Passion-Plongée et avec leur accord, j'ouvre le WE aux World Adventure Divers. A ma grande surprise, c'est un franc succès de ce côté avec Danny, Lucile et Bertrand. Nymphette hésite beaucoup mais finalement ne sera pas du WE.

Deux semaines avant le WE, Matthieu m'appelle pour me m'informer qu'il a un souci pour l'encadrement. Deux des moniteurs saisonniers sont indisponibles : Melia est restée à Tahiti (bon ça on le savait déjà lors du salon) et Vincent s'est cassé la clavicule en faisant du ski. Résultat, il fait son maximum pour trouver des encadrants mais il est possible que nous soyons contraints d'annuler le WE . Je me démène toute la semaine pour essayer de trouver un N4 ou + (c'est le problème avec les fédéraux, toujours à emmerder leur monde mais impossible d'en trouver un quand on en a besoin). Lundi, toujours rien et en plus je n'ai plus de nouvelles de Matthieu qui cherche lui aussi de son côté. Mercredi, 11h45, je suis entrain d'écrire un mail à tous les participants pour annoncer l'annulation du WE quand mon téléphone sonne. C'est Matthieu ! Il a trouvé un encadrant et le problème est réglé, nous sommes les bienvenus. La liste des inscrits est envoyée dans la foulée et seul dans mon bureau, je saute de joie.

Vendredi, je passe chez Boulogne Plongée pour récupérer les étanches de location de Lucile et Danny, puis un saut à Versailles pour récupérer le bi de location pour Bertrand et à mon arrivée à la maison, je reçois un message d'Oceanbon qui s'excuse de devoir annuler à la dernière minute pour des raisons de santé.

Les World Adventure Divers arrivent tous ensemble et à l'heure (19h15). Pendant que je vais chercher la voiture de location à Orly avec Lucile, Danny et Bertrand vont faire les courses au supermarché d'en face. La voiture est rapidement chargée et le coffre plein à craquer. Juste avant de prendre le large, on tape dans une de mes bouteilles de Bordeaux.

On prend la route dans la bonne humeur, Danny a faim, très faim et à peine parti, il propose que l'on débute les hostilités. Nous lui proposons de tenir jusqu'à la première aire d'autoroute pour se poser. En attendant, j'appelle l'auberge de jeunesse pour être sur que nous pourrons entrer en dépit de notre arrivée tardive. Nous obtenons toutes les indications qui vont bien. Une fois le péage passé, et une aire avec station service repérée, à la grande joie de Danny, on festoye avec de la charcuterie et du fromage tout en savourant la bouteille de Bordeaux (qui est bonne). Bien entendu, je vais mollo sur le vin et pour être sur de rester éveillé, je bois une grande canette de boisson énergisante.

On reprend la route, après un bel arrêt et très vite Danny qui est à mes côté s'endort. Lucile discute avec Bertrand et moi, mais lorsque nous abordons le sujet du recycleur, elle rejoint à son tour les bras de Morphée. Pour le coup, arrivé sur Rennes, Bertrand passe à l'avant. On continuera à discuter et philosopher plongée jusqu'à notre arrivée à Lorient. Le matériel est déchargé, tout est mis dans la chambre et pour notre plus grand bonheur, nous éteignons les lumières vers 2h00 - 2h30 du matin. Tout le monde s'endort particulièrement rapidement sauf moi. Je suis crevé mais la taurine et la caféine font toujours effet et je n'arrive pas à dormir. En plus, il y a Bertrand qui ronfle et comme il est dans un lit qui grince, chaque fois qu'il bouge, j'ai tous les sens en éveil. Grrrrrrrrrr !

Je commence par tomber dans une douce torpeur quand soudain... mon téléphone portable posé à côté de moi se met à sonner. C'est Norah, mon ex Irlandaise. Je l'entends mal et la communication se coupe. Pour ne pas déranger plus mes compagnons, je vais dans la salle commune et je la rappelle. Je suis assez inquiet, car elle a l'air bouleversé. J'espère qu'il n'est rien arrivé à Josh, son fils auquel je m'étais beaucoup attaché. Je suis vite rassuré, il va bien. En revanche, son homme doit partir travailler à l'étranger et elle a peur d'être abandonnée. Conclusion, je fais le conseiller conjugal depuis mon portable et pendant une demie heure. C'est SFR qui va être content  !

Retour au lit, chouette, Bertrand ne ronfle plus. Mais impossible de me rendormir. Je vois les minutes qui s'égrènent minutes après minutes et au final la dernière fois que je regarde ma montre il est 5h00 du mat et le réveil va sonner à 7h30. A partir de là, je ne saurais dire à quelle heure me suis je endormi mais à 7h00, je fus réveillé par les cris des mouettes. De la chambre, la vue sur l'étang du Ter est magnifique : c'est bon d'être en Bretagne. Je réveille les autres et nous nous préparons sans hâte. C'est dur ce matin. Après le petit déjeuner, nous chargeons de nouveau la voiture et 10 minutes plus tard, on rejoint le centre.

J'ai plaisir à retrouver Matthieu ainsi qu'Antoine et Ben que je n'ai pas revus depuis la dernière des vacances. Mon bi est rempli pendant que nous avons droit à un tour de la structure et une présentation des procédures : tableau, chariot, vestiaires et douches, casiers secs et casiers matériels, etc. On évacue également les formalités administratives : cartes de niveaux, assurances (les World Adventure Divers n'ont pas de licence FFESSM mais sont tous couverts par DAN) et certificats médicaux.

La première plongée du séjour sera : La Cabane du Pêcheur. Un site de roches situé sur la côte Sud de Groix. En cherchant bien, on peut trouver 17-20m mais la partie la plus intéressante est autour des 12-15m. Sur le bateau, il y a aussi un club associatif Vendéen. Nous sommes tous en étanches et eux sont tous en humides, différence de culture oblige. Pour les palanquées, Bertrand et moi plongeons ensemble tandis que Danny et Lucile seront encadrés par Antoine. Bertrand et moi partons cette fois ci avec le bi et une S80 chacun. Le but de la plongée est uniquement de reprendre des sensations donc pas d'exercices. Pour Bertrand c'est la 1ere avec son étanche, les gants, son phare et son ordi. On descend vers le fond. Il y a un peu de particules rien de grave, et la visi est d'un peu moins de 10m en horizontal. On évolue côte à côte, en reprenant nos sensations. Il y a beaucoup de vie, des poissons de toutes tailles (oui, je sais, il va falloir faire des efforts en bio) mais j'ai l'impression de ne rien voir comme avant. Tout de même au bout d'une vingtaine de minutes, je recommence à retrouver mes habitudes de plongeur breton et je commence à repérer les congres (dont 3 gros), les tourteaux et les étrilles, les crevettes. Je remarque aussi un ensemble de poissons que je ne remarquai point auparavant, ce sont les Blennies. Je me mets donc à penser à pmk et ses plongées en Manche et je me dis qu'il se serait régalé ici d'autant plus qu'avec moi mon 10W HID et Bertrand avec son LED 2000, on a des watts pour éclairer. Je regrette d'ailleurs n'avoir pas d'appareil photo.

Au bout de 34 minutes nous faisons surface à proximité du bateau, il y a encore quelques palanquées à l'eau. J'ai encore pris l'eau et il va falloir changer cet inflateur.

Le soleil est haut dans le ciel et c'est sous ses bons hospices que nous retrouverons le port. On se change, on met les blocs à gonfler puis on va mettre les combinaisons et sous combinaisons à sécher dans le séchoir. C'est surtout pour Danny qui prend l'eau par le cou. La combinaison qu'il utilise n'est pas celle qu'il avait essayée et du coup, la collerette trop lâche laisse passer des litres d'eau quand il bouge la tête.

Direction le restaurant. Petite frayeur, car notre réservation n'avait pas été prise en compte mais c'est très vite réglé. Après le repas, nous allons nous allonger sur les catamarans pour une sieste au soleil. Ceci dit la levée des corps pour la deuxième plongée de la journée est difficile. On se rhabille et on rejoint la jetée pour l'embarquement.

Pour cette deuxième plongée, nous allons sur de la tôle : l'épave du Cyrano, un remorqueur de mines. Bertrand et moi sommes toujours en binôme, tandis que Lucile et Danny restent eux avec Antoine. Cette plongée va marquer le début de nos exercices. Au programme : V-Drills et S-Drills, échange de blocs, pose et reprise des blocs puis remontée au parachute. Avec tout notre barda, nous sommes les derniers équipés et à l'eau. Avant de descendre, on perd une plombe pendant laquelle, j'aide Bertrand à mettre son masque sous sa cagoule et ça va devenir la constance su WE. Grrrrrrrrrr ! A notre arrivée sur l'épave, la visibilité est pourrie. Tous ceux qui nous ont précédés sont entrain de labourer le fond. J'en vois notamment un en position verticale qui palme en permanence pour maintenir son niveau d'immersion et qui lève des nuages de sable. Mon sang ne fait qu'un tour et en deux coups de Frog Kick, je m'en vais lui expliquer ce que je pense de son palmage. On commence l'exploration côté Tribord vers l'arrière en restant au sable. Etrilles et Tourteaux ne manquent pas. Je me souviens de cette épave comme un bon spot à homards et j'essaie de retrouver les différentes cachettes de ceux ci. Malgré toutes mes tentatives, je n'en verrai pas un seul. Au fur et à mesure de la plongée, on croise de moins en moins de monde. Et bientôt nous pouvons profiter de l'épave en égoïste. Il y a plein de poissons encore (dont je ne saurais vous dire le nom) et certains forment des bancs assez impressionnants. Je fais signe à Bertrand que je suis en panne d'air et nous pratiquons chacun à son tour comme donneur et comme récepteur. Nous posons et reprenons nos blocs. Et nous nous promenons chacun à notre tour avec deux blocs. Ce n’est pas super fluide mais c'est fait. On continue notre exploration quelques temps puis nous retournons à la gueuse que j'éloigne de l'épave. J'y accroche un de mes parachutes et je le gonfle. J'ai un peu de mal. Ca fait longtemps que je ne l'ai pas utilisé et il est comme qui dirait soudé. L'air passe difficilement dans le bec de canard. Bertrand essaie à son tour et le résultat est similaire. Cependant à force de nous acharner, on finit par voir la gueuse remonter emportée par le parachute. Alors que Bertrand commence à gonfler son parachute, je reste parfaitement stabilisé pour lui servir de référence. Je le vois remonter de 5-6m car il ne lâche pas le parachute assez vite et est concentré sur celui ci pour s'assurer qu'il prend bien la direction de la surface. Il finit par s'en rendre compte, purge sa stab et palme vers le fond où je l'attends. A son arrivée sur le fond, il se lance dans une série de gesticulations et de hurlements dans son détendeur. Je ne comprends rien à ce qui se passe. Je me doute bien qu'il n'est pas content mais je n'arrive pas à déterminer pourquoi. Il continue à vociférer pendant la remontée à tel point que je lui tends mon wetnotes pour qu'il puisse écrire ce qui ne va pas. Mais non, il ne le prend pas et continue à s'exciter. A force de gamberger et de chercher la raison de son agitation, je lui prends le bras pour lire son ordi. Peut être est qu'il y a un souci avec sa déco ! Le Mk2 indique 126 min de non décompression alors que l'Archimède lui indique 5 minutes de paliers. Je n'en ai normalement pas autant à faire vu que je plonge avec un Nitrox (très léger vu qu'on a retopé à l'air). Je prends conscience que je suis lesté juste, juste, et qu'un ou deux kilos de plus ne m'auraient pas fait de mal. Soudain, je suis emporté vers la surface, parce que Bertrand vient de me dégager de son bras dans un mouvement d'humeur (plus tard, je saurais que ce n'est pas un mouvement d'humeur). Je crève la surface alors qu'il reste 3 minutes de déco à faire. Je n’ai pas envie de redescendre, je remonte au bateau. Bien sur l'ordinateur couine et se met en mode erreur. Une fois sur le bateau, explication de texte avec mon binôme.

Je lui demande ce que signifiait toute son agitation et il m'explique avoir été énervé par le fait que je sois resté en profondeur de référence alors qu'il décollait. Il aurait aimé que je fasse au moins l'effort de ralentir son ascension parce qu'il était concentré sur le gonflage/largage du parachute. Ensuite, je lui demande pourquoi il m'a dégagé à 3 mètres et il m'explique qu'il ne l'a pas fait exprès et qu'il a soulevé le bras pour purger son étanche. Bref, ce fut un peu la merde, mais la raison pour laquelle on plonge ensemble ce WE est de retrouver des marques en vue de nos futures plongées et de notre formation Trimix Hypoxique.

Nous rentrons au port. Le matériel est rincé et les combinaisons mises au séchoir (sauf Lucile qui préfère tout ramener à l'auberge). La douche chaude nous fait beaucoup de bien. Je débriefe avec Matthieu et Antoine qui m'expliquent ne pas sentir Danny prêt pour la profonde sur le U171, notamment parce qu'ils ne le sentent pas suffisamment à l'aise avec son matériel.

Après l'effort, le réconfort... Nous rejoignons Matthieu, Antoine, Ben et deux jeunes femmes qui travaillent aussi sur la base pour des bières sur les quais de l'ancienne base des sous-marins à côté du musée Tabarly. L'ambiance est sympa et la pinte de bière moins chère que les happy hours parisiens. Le temps passant, les estomacs crient famine et nous allons à Lorient pour manger des crêpes of course... Le verdict de mes hôtes est sans appel : les crêpes au Sarasin de Nantes étaient meilleures mais celles au Froment sont plus originales, plus recherchées.  Au moment de quitter le resto, une averse éclate. Alors qu'au début du repas, tout le monde envisageait une petite virée dans le Lorient by night, là nous n'aspirons tous qu'à une seule et unique chose : le lit ! Retour à l'auberge, nous ne tardons pas à nous mettre au lit, tous, sauf moi qui prépare le runtime du lendemain : 35 minutes au fond et retour en 64 minutes.

Je mets le réveil à 7h histoire de pouvoir charger un peu mon phare vu que l'unique prise de la chambre sur laquelle on a branché une multiprise doit supporter l'iPhone, le BlackBerry et l'appareil photo de Lucile. La nuit est calme et hélas trop courte. A 7h00, je débranche tout le monde et je mets mon phare sur le secteur. On a du mal ce matin, les organismes accusent le coup. Le petit déjeuner est vite avalé et nous arrivons au centre où nous rencontrons François (Nirfosca), le seul PPien du WE. Les présentations sont faites ainsi que la paperasse. Tout le monde retrouve avec joie sa sous-combi bien sèche (sauf Lucile) et on embarque dans la bonne humeur.

Bertrand et moi seront les premiers à l'eau et donc avant l'arrivée sur site Matthieu nous fait signe de nous préparer. Quand ils nous voient avec le 2x12L, la S80 et la pony d'O2, je surprends un sourire narquois sur le visage de certains plongeurs du club fédéral de Vendée et un ou deux coups de coude échangés parce que nous avons besoin d'aide pour nous équiper. Moi, je souris aussi quand je vois sur leurs mollets, avec le tuba de gros couteaux (pour compenser ?).  Au top départ de Matthieu nous nous mettons à l'eau et devant la bouée, le rituel du masque et de la cagoule recommence. Quand il est enfin prêt, nous entamons notre descente, je suis le bout et je vois le sieur Bertrand qui sonde à la verticale de la bouée alors que le bout lui a une inclinaison de 35°. Je reste accroché au bout et lui fait de gros signes avec mon phare. Il se stabilise et m'attend. Je ne veux pas lâcher le bout et je continue à lui faire des signaux lumineux. Finalement il se décide enfin à me rejoindre et je lui montre le bout et lui explique que vu la visibilité il nous sera impossible de trouver l'épave. On poursuit notre descente et on croise Ben qui après avoir sécurisé la gueuse et entrain de remonter. Enfin dans le brouillard vert qui nous entoure, la forme caractéristique d'un sous marin se découvre. La visibilité sans être exceptionnelle est bonne. Il y a environ 6-7 mètres en horizontal et pas de particule. On commence notre tour par bâbord et on arrive à l'arrière. On a une belle vue du kiosque. Ensuite on remonte par tribord et on croisera rapidement une palanquée. Arrivée à l'avant, j'attache mon dévidoir à une partie de la structure et on progresse vers l'avant dans un nuage de débris, canons, et ballast. Hélas, l'heure tourne. L'avantage de la config lourde et d'une bonne planification c'est qu'on sait être bon en gaz et donc on ne se presse pas. Du coup, ça fait déjà 32 minutes de temps de fond. On fait demi-tour, je récupère mon dévidoir et nous retournons à la gueuse. Je la déplace pour bien l'éloigner de l’épave et au bout de 35 minutes nous entamons notre remontée le long du bout. Mon phare fidèle compagnon de plongée qui n'avait pas reçu sa dose de courant s'éteint à ce moment. Le premier palier est à 30m, profondeur à laquelle on effectue le changement de gaz sur le Nitrox. A partir de là, notre vitesse de remontée passe de 10 mètres/minute à 3 mètres/minute. Les paliers s'enchainent, et les trois derniers sont bien sur les plus longs. 5 minutes à 12 mètres, auxquels succèdent 5 autres minutes à 9 mètres et enfin 14 minutes à 6 mètres que nous effectuerons à l'oxy. Pour passer le temps j'essaie de faire comprendre à Bertrand qu'on pourrait jouer à "Papier-Roc-Ciseaux" mais il ne comprend pas. Tant pis on se tourne les pouces jusqu'à la fin, on range le matos pour être propre sur nous. Enfin, c'est fini, mais comme nous en avons pris l'habitude, on continue à remonter à 3 mètres/minute en marquant un court arrêt à 3 mètres. Surface, le bateau est là et il y a aussi un zodiac avec des plongeurs qui n'ont pas l'air très content d'avoir eu à attendre. Nous remontons à bord, direction Groix, et plus exactement le site des Pyramides où Danny fera une plongée avec les N1 du club Vendéen encadrés par Matthieu.

Pendant ce temps, débrief avec Bertrand : RAS, on est tous les deux contents et effectivement encore des ajustements minimes à faire. Je discute avec François et il est super content de sa plongée et alors que je me plein de la visi (j'ai vu mieux), lui parait tout simplement enchanté. La magie du U171 fait son effet.

Danny revient une quarantaine de minutes plus tard, content. Il a vu une grosse méduse et ça le ravit visiblement (c'est vrai qu'elles sont grosses ces bestioles).

Retour au port, déséquipement, repas, et ensuite sieste sur les catamarans/transat, le rituel est maintenant bien rodé. La plongée de l'après midi sera le Falke alias le Speerbraker 134. Pour Bertrand et moi, il va falloir faire attention à ne pas avoir trop de paliers. On partira avec les bis et les déco oxy. On se donne comme temps maximal 6 minutes de paliers à l'oxy. Danny, Lucile, François plongeront avec Antoine.

Mise à l'eau et comme à chaque fois, il faut s'occuper du masque de Monsieur Bertrand versus sa cagoule. Descente sur l'épave et là c'est glop ! Il y a plein de particules. La visibilité est d'un peu plus de 5 mètres. Il y a du monde. On se met au sable pour éviter les N1 et les N2. Cela nous permet d'explorer avec un maximum de tranquillité. Il y a du congre, du tourteau et des araignées. On remonte sur bâbord jusqu'à la proue et on se décale de l'épave pour avoir une belle perspective du pieu et de l'avant du bateau. C'est superbe et magique. On repart par tribord cette fois ci à hauteur du pont et des structures. Et après nous être promené suffisamment, nous décidons de remonter.  On se met à la recherche de la gueuse mais nous ne la trouvons pas. Je comprends tout de suite qu'elle a du être remontée et je sors mon parachute mais Bertrand ne l'entend pas de cette oreille et persiste à la chercher. Quand enfin de guerre lasse, il accepte l'idée du parachute pour une raison inconnue, il refuse que je largue mon parachute et sort le sien.  Je me mets donc en flotta neutre et il commence à gonfler le sien. Je le vois décoller de nouveau et cette fois ci j'interviens pour le retenir. Je me sens aussi un peu embarqué donc je purge ma wing et je regarde ce qui se passe de plus près. A ma grande surprise, je comprends que son fil s'est emmêlé et qu'il essaie de débloquer son dévidoir. Ca m'énerveprodigieusement et je hurle dans mon détendeur : lâche ! Lâche ! Lâche !

Non seulement il ne m'écoute pas mais en plus il se raccroche à moi. Je purge alors complètement ma wing, il fait de même et nous nous retrouvons au sable. En flottabilité négative tous les deux, on détricote le fil qui, une fois libéré, accompagne le parachute dans son envol vers la surface. La remontée s'effectue sans heurts. A 6 mètres, on se met sous O2 et là Bertrand se rend compte que je plonge sans ordi (décision que j'ai sciemment prise). Il me fait signe que je suis fou (et il a raison ! Je prêche en plus toujours le contraire). Mais sur le coup, je n'y prête guère d'attention, je suis furax et je n'ai qu'une envie, c'est d'avoir une bonne explication sur le bateau. Et dans ma tête, mes propos sont durs. Au bout de 6 minutes sous O2, nous faisons surface et regagnons le bateau. Bertrand monte sans soucis. Moi aussi mais au moment de passer les palmes du bon côté, je perds l'équilibre et bascule vers l'arrière. Je me rattrape comme je peux, un pied sur le pont, l'autre dans le vide avec presqu'un grand écart. L'équipe est super sympa, on vient m'aider. Je suis déséquipé au sol : biberon, bi, palmes et quand je me relève sans le moindre mal. Toujours furieux, je regarde dans la direction de mon binôme, impatient que je suis de rentrer au port et de pouvoir avoir un échange entre quatre yeux et je le sens agité. Je vais voir, et... Il me dit chercher son phare. Il n'est pas sur le bateau, son harnais c'est ouvert sous l'eau et celui-ci semble avoir glissé car il ne l'avait pas mousquetonné. Connaissant le prix de l'objet, je suis abattu et me sent autant désolé pour lui. On alerte tout de suite Matthieu qui à son tour prévient Micha. Reste plus qu'à....

On rentre au port, le matériel est déchargé puis rincé. Puis direction les vestiaires et surtout les douches chaudes. François et moi avons du mal à en sortir. Du coup on papote et chaque fois que l'eau s'interrompt au milieu d'une phrase on rappuie sur le bouton. Mais l'heure tourne. Il faut sortir, se sécher, se vêtir, payer les prestations repas et plongées, plier le matériel, tamponner les carnets, ranger le matériel et charger la voiture.

François nous quitte et reprend la route vers Nantes. Profitant d'un moment où nous ne sommes plus que tous les deux, j'aborde avec Bertrand le débrief de notre plongée. Je lui demande pourquoi il n'a pas voulu que j'envoie mon parachute ? Il me répond parce que j’avais le jaune. Je lui indique que ce qui importe le plus c’est deux parachutes. Ensuite, nous abordons la question de son lâcher de parachute. Je lui dis clairement le fond de ma pensée. Que dans une telle situation, on lâche le parachute et qu’il sera éventuellement récupéré plus tard par la sécurité surface. Il m’explique que ce n’était qu’un petit nœud. Je reste inflexible sur le sujet et je rajoute que si la situation venait à se renouveler et qu’il refusait de lâcher le parachute, je ne l’assisterai point. A son tour, il me demande pourquoi je plongeais sans ordinateur. Je répondis que le mien était en erreur et que le matin, j’avais plongé avec un profondimètre (le sien d’ailleurs) et le runtime ; pour le coup cet après midi, je ne l’avais pas pris car j’étais incapable de contrôler ma décompression n’ayant que des tables PADI. Je fis donc le choix de suivre son profil. Je m’écoutais parler, mon cerveau gambergeait et il se passa ce qui doit se passer dans une bonne « buddy team ». En un échange de regards, nous nous sommes compris et sans dire un mot, je venais d’admettre avoir fait une sacré boulette aussi. Le WE aura au moins servi à ça, nous avons rétabli le canal de communication.

Il est l'heure de reprendre la route. On fait un détour par le Fort Bloqué, puis Guidel-Plages et enfin Guidel. Je prends la voie express, les autres s'endorment tandis que je me concentre à fond pour rester éveillé. Je suis si concentré que je rate la sortie Rennes et quand je m'en rends compte on approche déjà de Nantes. Résultat des courses, on arrive à Paris avec 1h10 de retard. C'est fatigués mais contents de notre WE que nous nous séparons... en attendant le prochain ! 

 

 

 

Nos paramètres

#1: 15.3m / 34'

#2 : 20m / 52'

#3 : 36.5m / 65'

#4 : 26.1m / 56'

 

 

Publié dans Recreational

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ludo91 14/05/2011 10:58



arf, arf, ça bouletise grâve. avec la P- Team, les plans se déroulent sans accroc